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  • Propos sur la nature
    69 Propos choisis et classés par Robert Bourgne
Edition établie par Pierre Zachary - Postface de Robert Bourgne. Paris, Gallimard, coll. "Folio-Essais n°428, septembre 2003.

Voir aussi : Les NOTES DE LECTURE SUR LES PROPOS SUR LA NATURE d’Emmanuel Blondel.

Sommaire

Prologue : Le thème de la nature... (Alain, Histoire de mes pensées, « Les Propos », in Les arts et les dieux, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, pp.75-78.

- I - Métaphores de la nature (Les saisons et les fêtes)
- II - Premier modèle d’un ordre de la nature (Le ciel)
- III - Vérité de l’apparence et détour théorique.
- IV - L’océan instituteur et l’existence nue.
- V - La nature dans l’homme
- Pour servir d’épilogue : « La beauté de la nature » in Les aventures du coeur, ch.9.

En guise de postface : « Un parcours » (Robert Bourgne) - Histoire du texte, par Pierre Zachary

Présentation

C’est Alain qui ouvre ce recueil. « Le thème de la nature est la toile de fond de toutes mes pensées ». Recueil nécessaire donc, et périlleux. Robert Bourgne ne nous livre qu’en guise de « Postface » les réflexions qui ont présidé au choix des Propos et à l’organisation du volume. On peut d’abord parcourir le livre d’images, mais il est bon de lire cette postface, et de revenir, pour que le parti-pris qui s’explicita lors de sa conception réveille l’attention au détail et laisse surgir toutes les résonances qu’une lecture répétée permettra d’explorer. Une énigme éclairera l’autre. On peut aller droit à la leçon de la cinquième partie, idée maîtresse : « l’affirmation de l’esprit est pour finir la seule lumière dont s’éclaire la nature, mais précisément elle est ce qui ne procède pas de l’existence ». Si la première partie s’attache à ressaisir le « lien physiologique » de l’homme à la nature, tel qu’il s’exprime dans le lien des saisons et des fêtes, c’est pour manifester qu’en l’homme - ni moucheron, ni faune, ni satyre - « c’est par célébration et réflexion que s’invente le spectacle de la nature ». Nul meilleur instituteur dès lors que le ciel (II), dans la contemplation duquel l’homme perçoit tout en un l’ordre incontournable et la nature de son propre être, sans lequel cet ordre n’apparaîtrait point. La méditation de l’astronomie introduit ainsi (III) à l’effort plus général de « ressaisir la marche du savoir qui supporte nos représentations de la nature ». Rétablir, en ce sens, la continuité de l’œuvre de la perception à la démarche de la science nous renvoie (IV) à la position rigoureuse de l’existence « nue », dont la pensée explicite du même coup la dimension démiurgique de l’homme et le sentiment vrai de sa liberté, pourvu qu’il en prolonge la méditation (V) dans un regard nouveau porté sur lui-même et sur le monde humain. Un très beau recueil, né presque fortuitement de l’impossibilité de reproduire en français celui de notre ami Mikio Kamiya (51 Propos sur les quatre saisons), et qui révèle, comme devrait y aspirer tout recueil, une de ces méditations « vertébrales » dont la restitution nous donne le sentiment de retrouver Alain de l’intérieur.