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  • Entretien avec Georges Pascal
Georges Pascal, président de l’Association des Amis d’Alain jusqu’en 2002, a consacré une large partie de son oeuvre bien remplie et de son action philosophique à l’oeuvre d’Alain. À l’occasion de la réédition de La Pensée d’Alain (1999), il nous explique son parcours.

Q. Pourquoi avoir réédité La pensée d’Alain ?

R. Cet ouvrage, dans sa première version (une centaine de pages) date de 1946. Je ne connaissais alors qu’une petite partie de l’oeuvre d’Alain. Je n’avais pas lu, notamment, les Entretiens au bord de la mer ni Les dieux... D’où une seconde version considérablement augmentée, dix ans plus tard, qui connut plusieurs rééditions. Elle était devenue inutilisable parce qu’elle donnait des références qui ne correspondaient plus aux ouvrages d’Alain que l’on trouvait en librairie. La troisième version, qui vient de paraître dans le Bulletin de l’Association, est identique, pour l’essentiel, à la précédente, mais les références aux textes d’Alain ont été mises à jour.

Q. Quels changements ou quelle continuité par rapport à l’édition précédente ?

R. Tel quel, ce petit ouvrage me paraît constituer une introduction correcte à l’oeuvre d’Alain. De ma part, l’enthousiasme a fait place à la lucidité, mais Alain n’y a rien perdu. Et je me dis qu’il faudrait écrire un livre qui s’intitulerait, non point la Pensée, mais la Philosophie d’Alain.

Q. Y a-t-il un aspect de la pensée d’Alain que vous préférez, et lequel ?

R. Je me suis toujours particulièrement intéressé, dans l’oeuvre d’Alain, à tout ce qui touche à la philosophie politique et à la philosophie de l’éducation, en fait inséparables. Il se trouve d’ailleurs que cet aspect de sa pensée est peut-être celui qui mériterait le plus de retenir l’attention aujourd’hui.

Q. D’où vient votre intérêt pour Alain, auquel vous avez consacré une notable partie de vos travaux ?

R. Alain disait bien qu’il entre beaucoup de hasard dans ce qu’on appelle une vocation. Le prix de gymnastique que j’obtins au lycée Louis-le-Grand, en 1939, consistait en un exemplaire des Souvenirs de guerre. Ce fut mon premier contact avec Alain, mais quand je lus dans ce livre qu’ « il faut tuer d’abord, en soi-même et en tout homme, le colonel, qui est toujours celui qui parle le premier », j’ai eu envie de mieux connaître un philosophe qui considérait comme essentiel de savoir ce que l’on dit. Ma lecture des auteurs contemporains n’a fait que confirmer ce premier mouvement d’admiration.