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  • Compte rendu de l’assemblée générale de l’association des amis d’Alain, samedi 17 juin

Le Vésinet, Maison Alain, le 17 juin 2017

Ordre du jour :
- Rapport moral
- Manifestations autour du 150ème anniversaire de la naissance d’Alain
- Parutions à venir
- Projets éditoriaux
- Rapports financiers 2016
- Questions diverses

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RAPPORT MORAL Par Thierry Leterre, Président

Heureux de se retrouver dans la maison Alain ! Nous avons enfin un lieu stable et pérenne pour asseoir notre association. Merci à l’Institut Alain, et notamment Alain Zalmanski et Catherine Langevin, des efforts accomplis pour que ce lieu existe.

Notre réunion est particulièrement consacrée au 150ème anniversaire de la naissance d’Alain, né le 3 mars 1868. Les projets sont nombreux et intéressants, à Rouen, à Mortagne, en Bretagne, et même un spectacle de théâtre à partir des Vingt et une scènes de comédie qu’Alain avait rédigées en août 1916.

Une mauvaise nouvelle est l’abandon de l’édition d’un ‘Cahier de l’Herne’ consacré à Alain. L’Herne voulait le Journal d’Alain, mais nous avions déjà promis ce Journal aux éditions des Équateurs. Le projet est arrêté après une première réunion, mais peut-être pas enterré, nous verrons. L’abondance des idées que ce projet a suscitée n’est pas perdue, car nous sortirons deux bulletins en 2018. Nous allons donc récupérer cette fermentation.

Par ailleurs, je voudrais remercier plus particulièrement deux membres de notre association :
- Merci à Pierre Heudier, vice-président, pour ses conférences sur Alain. Un travail remarquable, en moyenne 5 à 10 conférences par an sur Alain. Plusieurs articles dans la presse régionale démontrent l’écho que ces conférences reçoivent.
- Merci à Frédéric Baumer, notre secrétaire, qui tient depuis plusieurs années notre site dédié à Alain (alinalia.free.fr). Riche de 370 articles, ce site accueille 150 à 180 visites par jour en moyenne. A noter que ce ‘score’ grimpe à près de 300 visites journalières lorsque sort un nouvel article. La bonne audience d’alinalia.free.fr montre un vrai intérêt, une réelle curiosité pour Alain.

Enfin je voudrais rendre un dernier hommage à Michel Algrain, membre de notre Conseil d’administration depuis fort longtemps, et qui a beaucoup œuvré pour Alain. C’est lui notamment qui a organisé un parcours « Sur les traces d’Alain soldat » il y a une douzaine d’années, un circuit proposé par nos Amis de Mortagne. C’est lui qui a découvert en 1991 le lieu exact où est tombé Alain-Fournier - l’auteur du Grand Meaulnes - en septembre 1914, dans les bois de Saint-Rémy-la-Calonne dans la Meuse. Un grand ami d’Alain a disparu.

Une minute de silence est observée à la mémoire de Michel Algrain.

Le rapport moral est approuvé à l’unanimité.

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MANIFESTATIONS AUTOUR DU 150EME ANNIVERSAIRE DE LA NAISSANCE D’ALAIN

- Nicolas Coutant , directeur adjoint du Musée National de l’Education, a répondu favorablement à la proposition de Philippe Monart d’organiser une journée d’études sur Alain et l’éducation à Rouen. Une première réunion est prévue le vendredi 22 septembre à Rouen pour évoquer le projet. Thierry Leterre, Pierre Heudier, et Philippe Monart ont déjà indiqué qu’ils participeront à cette réunion préparatoire. Toutes autres bonnes volontés sont bienvenues…

- La mise en scène des Vingt et une scènes de comédie sous la direction de Jean-Christophe Blondel (le frère d’Emmanuel Blondel, vice-président de l’association). Un texte rédigé par Alain en 1916. Spectacle joué par une équipe très cosmopolite, avec un fort noyau d’acteurs syriens, et chez qui évidemment les questions de la guerre et des conditions d’une vraie paix résonnent de façon forte. Idéal pour une exportation en milieu scolaire, d’autant que beaucoup ont déjà travaillé avec des jeunes, en particulier des enfants dans les camps de réfugiés. Projet approuvé par la Commission du Centenaire 14-18, qui accepte de cofinancer ce spectacle.

- Expositions à prévoir, notamment avec la BNF. Les contacts sont pris. Si nous ne sommes pas retenus dans la programmation 2018 de la BNF, alors nous aurions à disposition des salles pour une exposition que nous préparerions. Se répartir dans ce cas le travail…

- L’association sœur ‘Amis du musée Alain et de Mortagne’ n’est pas en reste, et projette une exposition Alain dans l’hôtel du département, avec l’aide des élus de l’Orne. Egalement une exposition de peintures - une cinquantaine - d’Alain, par exemple sur la place centrale de Pontivy en Bretagne. Sinon, à Alençon.

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PARUTIONS

- Alain, un philosophe rouennais engagé : un volume constitué par l’Université de Rouen sous la direction de Natalie Depraz, professeure de philosophie. Ce livre replace Alain dans les différentes figures de son œuvre : le professeur de philosophie ; le journalisme philosophique ; le soldat qui a pensé la guerre. Douze universitaires rendent compte dans cet ouvrage des multiples facettes de l’œuvre d’Alain, dont Thierry Leterre, Emmanuel Blondel, Pierre Heudier, Philippe Monart et Éric Oudin. Un livre majeur.

- A venir : Le Journal d’Alain sera publié en 2018 aux éditions L’Équateur. Un très gros travail de recensement et de notes bas de page d’Emmanuel Blondel.

- Gallimard va rééditer Histoire de mes pensées, dans sa ‘collection blanche’, et a déjà ressorti Les idées et les âges, ce dont nous nous réjouissons, mais uniquement sous forme numérique, ce que nous regrettons.

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PROJETS EDITORIAUX

- Sur une proposition de Pierre Heudier, Michel Onfray envisagerait de s’associer à la célébration du 150e anniversaire.

- Un Que sais-je Alain (éditions PUF). Gilles Blanc-Brude est partant pour le rédiger.

- Pourquoi ne pas envisager un Dictionnaire Alain.

- Gallimard pourrait rééditer la publication des Souvenirs de guerre. Emmanuel Blondel se charge d’appeler son contact dans cette maison d’édition.

- En profiter pour demander à Gallimard, qui possède la majeure partie de l’œuvre d’Alain, s’il accepterait de céder ses droits. En effet, le copyright est basé sur la date de décès de l’auteur : en France, 70 ans après la mort de l’écrivain. Donc le copyright des œuvres d’Alain se termine en juin 2021.

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RAPPORTS FINANCIERS 2016 Par Anne de Nantois, Trésorière de l’association des Amis d’Alain

Les documents comptables et financiers présentés à l’assemblée générale sont approuvés à l’unanimité.

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QUESTIONS DIVERSES

- Dans sa lettre électronique de juin, le site Hérodote.net, dédié à l’Histoire, a cité Alain parmi les personnalités ayant collaboré avec Vichy durant la dernière guerre mondiale. Voir le nom d’Alain à côté de Déat et Doriot, c’est particulièrement stupide. Notre vice-président Pierre Heudier leur a envoyé un mail précis et documenté que vous pouvez lire en annexe de ce compte rendu. Herodote.net a aussitôt corrigé cette balourdise, et nous a proposé de publier une biographie d’Alain. Jérôme Perrier va s’en charger

- Ainsi que l’exigent nos statuts, renouvellement d’un tiers des membres du Conseil d’administration. Sont concernées les personnes dont les noms commencent par les premières lettres de l’alphabet, c’est-à-dire : Michel Algrain (†), Frédéric Baumer, Emmanuel Blondel, Bernard Bourgeois, Chantal Connochie-Bourgne, et Gracie Delépine. Un courriel les a prévenus de cette obligation statutaire, en leur demandant s’ils souhaitent ou non poursuivre leur collaboration au sein du CA. Bernard Bourgeois a répondu qu’il ne le souhaitait pas, et est remplacé par Gilles Blanc-Brude. Par ailleurs Jean-Pierre Richard et Jean-Michel Muglioni sont élus également. A l’issue du l’AG le Conseil d’administration recomposé est réélu. Le bureau dans sa composition actuelle est maintenu.

- Le montant de l’adhésion ou du renouvellement de cotisation à l’Association des Amis d’Alain reste fixé à 22 euros pour une adhésion simple, 9 euros pour une adhésion simple étudiants, 40 euros pour une double adhésion à l’Association des Amis d’Alain et à l’Association des Amis du Musée Alain et de Mortagne, et 11 euros pour un abonnement d’un an offert à un ami.

L’assemblée générale a été suivie d’une conférence sur Proudhon, par Emmanuel Blondel.

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ANNEXE

Le courriel envoyé au site Hérodote.net, qui avait cité Alain parmi les personnalités ayant collaboré avec Vichy. Texte rédigé par Pierre Heudier. NB : A réception de ce mail, Hérodote.net a rectifié cette absurdité.

« Suite à la lecture d’un de vos articles, je me permets de vous livrer quelques remarques concernant ALAIN, classé comme collaborateur.

1. Aucun écrit public (avant, pendant ou après la guerre) ne laisse deviner une approbation quelconque du régime de Vichy ou, a fortiori, du nazisme. Certes, comme Eluard, Gide, Giono ou Guillevic, il envoie des textes à la NRF de Drieu, mais ces textes n’ont aucun lien avec la politique. Rappelons qu’en 1934 Alain avait accepté de coprésider le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, le CVIA. Extrait du Propos du 10 avril 1936 : « [...] Quand je dis qu’Hitler est un de ces grands chefs, entendez bien que je plains les peuples qui ont de tels chefs, et aussi leurs voisins. Ces orages oratoires préparent la récolte des croix de bois. A mesure qu’il dit : « Allemagne, lève-toi », je vois des armées de morts qui se couchent. [...] »

2. La rumeur tenace de son appartenance à un organisme lié à la collaboration est sans fondement. D’après Jean-François Sirinelli (Génération intellectuelle, Khâgneux et Normaliens dans l’entre-deux guerres, p 612, 613, Fayard, 1988), Alain n’a jamais adhéré à la Ligue de pensée française (cette Ligue est une tentative pour recréer les deux ligues laïques abolies, des droits de l’homme et de l’enseignement, et subit d’ailleurs les attaques de la presse collaborationniste !).

3. Son Journal inédit peut sembler parfois plus ambigu. Il recueille la pensée fluctuante d’un homme diminué qui, depuis la fin des années 30, ne quitte plus son fauteuil roulant. On n’y trouve pas toujours le meilleur d’Alain. Témoignage de Paulhan qui lui rend visite en 1941 : « Alain, fort vieilli, souffrant, ne bougeant qu’à peine, parfois semblant près du gâtisme. » (Jean Paulhan, Lettre à Raymond Guérin du 2 octobre 1941, in Correspondance, Gallimard).

Extrait de ce Journal : « 20 septembre 1943. LES JUIFS. Certainement ce fut un inconvénient pour moi, d’avoir été confident de l’antisémitisme de Lagneau. Car je n’y comprends rien. Comment pouvait-il répondre, lui, à mes objections ? Et Spinoza ? Et Jésus-Christ ? Remarquez, je ne le dirai jamais assez, qu’il était bien facile de reconnaître en Spinoza l’esprit spécifiquement juif. Or c’est un des plus nobles penseurs. Non seulement on ne pouvait être antisémite ; mais bien plus on y trouvait des raisons de philosémitisme, pour employer le jargon des sots. Je suis arrivé maintenant à une position que je crois forte, c’est de souhaiter pour l’avenir de la paix la reconstitution d’un parti juif français qui sera chargé de la politique. Et qui aura en plus beaucoup d’argent et presque toute l’industrie, avec des chefs comme Maurois, comme Roland Boris [en fait Georges Boris], qui nous ont tellement manqué par la faute de cette lâche politique de collaboration, qui va bientôt finir. J’en ai vu de près les maux [...] » Bien cordialement, Pierre Heudier, Association des amis d’Alain