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  • Alain témoin de la guerre
Extrait de La mort des autres, Jean Guéhenno, Grasset, 1968

J’ai, ces dernières semaines, relu tout ce qu’Alain a écrit sur la guerre. C’est une partie de son œuvre dont, me semble-t-il, on évite généralement de parler, mais c’est sans doute celle à laquelle il tenait le plus, et il n’a rien écrit de moins « conforme », de plus courageux ni de plus fort. Mars ou la guerre jugée est la plus rigoureuse analyse, la plus lucide dénonciation qui soit du fait de la guerre, des passions qui la rendent possible, des rapports du chef et du soldat, du maître et de l’esclave, enfin de ce qu’il a lui-même appelé « le système ». Les gens d’ordre n’aiment guère qu’on creuse ces choses-là. Il y faut du mauvais esprit. Il commença d’écrire alors qu’il était dans la guerre même. Il reprit son manuscrit dans les années qui suivirent. Le sujet, disait-il, était « grand », « énorme », « redoutable ». Je sens bien, à mon tour, les difficultés auxquelles il s’est heurté. Il faut expliquer ce qu’on ne cesse de condamner, déshonorer la guerre sans mettre en cause l’honneur de ceux qui l’ont faite. Le temps nous a mis dans une insoluble contradiction. Nous avons senti un jour le devoir de prendre part à ces horreurs et nous ne nous en souvenons qu’avec une sorte de honte. Je ne parle peut-être que pour quelques-uns. Je ne veux offenser personne. Je sais quelle fierté demeure dans bien des âmes de ces temps qui les portèrent au-delà d’elles-mêmes. Elles le croient et c’est peut-être vrai. Tout l’honneur des hommes a été mobilisé pour un inutile carnage, et tel est le prestige de la mort et du sang qu’il semble sacrilège de le mettre en débat. Mais on peut s’y sentir contraint par l’honneur encore, et Alain ne cessa plus, dans ses Propos, de se battre pour tuer la guerre.

Si courageux et si beaux que soient ses Propos, je suis, quant à moi, plus touché encore par ses récits, ses « Souvenirs », ou par les lettres que du front même il envoyait à ses amis. On y découvre, au-delà du philosophe, l’homme même.

Sa décision avait été prise. Dès le 3 août, il envoie à Elie Halévy, son plus cher ami, ce billet : « Ami et frère, je m’engagerai dès que je pourrai ; on me fait prévoir au Recrutement un délai de trois jours au moins. As-tu moyen de l’abréger ? Ce que tu feras pour toi, fais-le pour moi. Engageons-nous au plus vite dans la nécessité la plus étroite ».

Quelle étonnante impatience ! Mais il l’a expliquée. Le « drame d’idées » dans lequel la guerre jetait tout le monde fut pour lui, a-t-il écrit, « violent et insupportable ». La fièvre des nations était contagieuse. Ses lettres laissent l’impression que ce philosophe lui-même, quelques jours, perdit « son propre empire ». Il n’était « plus qu’horreur », mais « connut en même temps la peur et le courage ». S’enfermer « dans la nécessité la plus étroite », c’était le mieux pour retrouver la maîtrise de soi et de l’événement, redevenir un juge, et, par l’épreuve même, acquérir le droit de dire et d’écrire toute sa pensée. C’est ainsi qu’il s’engagea. En toute liberté. Il avait quarante-six ans. Il n’était plus soumis à aucune obligation militaire, mais il avait le goût de l’égalité et s’était promis autrefois qu’en cas de guerre il reprendrait sa place dans le rang. Le médecin-major le déclara « bon pour l’artillerie ». Il apprit donc le métier et « guérit du désespoir ». Après quelques mois, la peur commune dominée, « je commençai à croire, dit cet homme de raison, que je pourrais me sauver par la prudence », et « il se mit à penser ».

Nulle parade dans cet engagement. Il ne cherchera pas à se distinguer. On ne doit pas provoquer le destin. Il fera simplement, à chaque instant, ce que l’instant commandera, comme un homme parmi les hommes. « Les hommes », ainsi appelait-on les soldats, par oppositions aux cades et à l’état-major, et Alain se réjouissait que le langage, à la rencontre, fût si juste. Au milieu d’autres hommes il tiendrait bonnement sa place. La vie ailleurs, la vie civile lui eût été intolérable. Il était où on devait être dans le malheur commun pour retrouver « l’équilibre ». Il devint avec le temps, « premier soldat », puis « brigadier ». Il n’accepta jamais de plus haut grade. Quel exceptionnel témoin ! Une sorte de Socrate ! Il n’est plus dupe bientôt d’aucune passion, ni des siennes, ni de celles des autres, dans cette effroyable tourmente. Il regarde autour de lui avec une extraordinaire attention. Il laisse s’inscrire en lui l’expérience. « Platon, écrit-il, dit en sa République qu’il ne faut point laisser le sage se perdre dans le vrai savoir, mais qu’il faut le ramener de force dans la caverne où sont restés ses compagnons. » Il est dans la caverne, avec tout le monde. Il y est revenu de lui-même, volontairement, non pas « forcé », et c’est là ce qui donne un si grand prix à son témoignage. Point d’effort plus délibéré, plus réfléchi pour reconnaître « l’homme », le soldat, dans sa généralité. Les lettres, les journaux, les romans de guerre veulent d’ordinaire ou nous consoler, ou nous horrifier, ou nous édifier, ou nous attendrir. Le témoignage d’Alain ne comporte aucune déclamation, aucun discours. Rien que la reconnaissance patiente et implacable des faits par un homme admirablement informé des passions humaines et de leur jeu, et ce jeu lui paraît être toute l’explication de la guerre, de sa longue sottise et de sa longue cruauté. Ce qu’il a vérifié, c’est que « l’état de guerre veut un oubli de l’humain et comporte un massacre préalable des âmes ». Il faut qu’elles y aient été longuement et insidieusement préparées par une basse propagande, à peu près la même en tous pays, qui détruit toute raison et excite et flatte la même vanité. En France, la presse « nationaliste, antidreyfusarde, royaliste, académicienne » s’en était chargée. Alain n’a pas mis dans une forme continue ce « pamphlet intégral » contre la guerre qu’en 1917 il avait décidé de publier, mais on en trouve partout dans œuvre des éléments. La guerre érige en loi l’inégalité qui menace toujours de régler, dans la paix même, les rapports entre les hommes. Elle l’affirme et la met en œuvre avec une sorte de perfection. Il ne peut y avoir de limite à sa cruauté parce que sa discipline ne peut comporter aucune exception à sa loi. Elle n’est compatible avec aucune raison ni aucune justice. « Le mal le plus sensible à la guerre, écrit-il, c’est l’esclavage », et il ressentait encore plus l’esclavage des autres que le sien propre. Nulle part, autant qu’à la guerre, la pensée ne lui a-t-elle semblé être au monde pour dire Non. Mais les hommes disent trop aisément Oui. Il faut à une guerre quelques chefs et d’innombrables soldats. Il faut quelques hommes assez sûrs d’eux-mêmes pour la faire faire aux autres au nom de leurs pensées et en tirer vanité, et des peuples entiers pour la faire et en mourir. On pense à ce mot de Bertrand Russell : « L’ennui dans ce monde, c’est que les idiots sont sûrs d’eux et les gens sensés pleins de doute. »

Ne soyez pas chef !, concluait Alain. Et il ajoutait : « Cette idée a de l’avenir. Le jour où un bon nombre de têtes solides et instruites seront et resteront parmi les esclaves, il n’y aura plus d’esclaves. » Mais on était loin encore de ce jour-là. La hiérarchie militaire avait une valeur absolue, et Alain jugeait que dans chaque armée, de chaque côté de la tranchée, une sorte de guerre intérieure entre les maîtres et les esclaves, entre les « plébéiens de l’armée » et ceux qu’il appelait les « Messieurs », « bordait en quelque sorte l’autre guerre ». Il observait autour de lui cette bataille des amours-propres. L’autorité du chef devait être sans limite : c’était le principe et la condition du système. « Si j’étais général, écrivait-il, et si je m’étais juré de faire ce métier, je n’aurais aucune pitié des hommes. J’admets qu’on veuille la guerre, mais il faut savoir ce qu’on veut. » Aussi n’était-il pas général, mais « homme de troupe ».

On imagine que les « Messieurs » durent sentir assez souvent quelque gêne devant ce brigadier, engagé volontaire, connu comme professeur d’une grande Khâgne de Paris, et dont, d’ailleurs, l’âge, la forte et tranquille carrure imposaient. Son seul langage devait les inquiéter. Il a noté lui-même « qu’il y a une manière académique de parler de tout qui efface tous les grades ». Cette manière dont il était maître, il la pratiquait avec eux seuls, quand il voulait les tenir à distance. Il dissimulait d’ordinaire, pour qu’on ne reconnût pas ce qu’il était, « faisait la bête ». Il eût eu honte qu’on le ménageât parce qu’il était un intellectuel et un professeur. « C’est comme homme, dit-il, que je voulais être respecté, seulement comme homme supposé simple et ignorant. C’est ainsi que je conçois l’égalité. »

Parmi les « hommes », il était à l’aise. Ils l’appelaient « l ‘ancien », quelquefois « le général ». Il avait une autorité naturelle, le savait et se surveillait. « Il faut tuer d’abord en soi-même et en tout homme, a-t-il noté, le colonel qui est celui qui parle le premier. » Les « hommes » ne pouvaient croire qu’il fût venu là volontairement, et surtout à cet âge. C’était impossible à croire. Personne, aucun homme ne pouvait être là de sa volonté. Certains pensaient qu’il était un ancien adjudant cassé de la Coloniale. Lui-même, la fièvre des premières semaines passée, se rendit compte qu’en effet ce qui caractérisait ce monde étrange où il était venu, c’était que tous les hommes qui y étaient n’y étaient que par force et sous la contrainte. Il les plaignait encore plus qu’il ne les admirait. « L’homme, a-t-il écrit, était beau à voir dans la guerre… Ils ne croyaient à rien et ils faisaient leur métier et encore bien plus scrupuleusement dans le danger. » Son pays d’artilleurs, en seconde ligne, ce pays de baraques, d’abris souterrains et de ruines, dévasté, planté d’arbres ébranchés, encombré de cadavres, se fût bientôt vidé, si on avait pu fuir. Mais, enfermés entre la ligne de feu et la ligne des gendarmes, les hommes étaient « forcés » et résignés. Les nécessités du métier, les petites et les grandes misères remplissaient le temps, habituaient à la contrainte même et on finissait par ne la plus continuellement sentir.

Lui-même était téléphoniste. « Je fus brigadier, écrit-il, ce qui me laissa le temps de courir le long des fils, de connaître les observatoires et le champ de bataille, et sans tomber, que par exception, sur des chefs querelleurs. Ce fut une existence de trappeur, logé dans des trous, prudent, choisissant ses heures..., suivant le fil à l’heure de la rosée -c’est l’heure où la guerre elle-même dort -, faisant lever le lièvre et la perdrix et portant dans sa musette le gruyère et la sardine de l’intendance... Cette campagne pleine d’hommes semblait déserte ; et partout des abris, d’où sortaient les têtes fraternelles ; les têtes inconnues... On devient un parfait troupier. On ne gêne plus. On n’étonne plus. On voit l’homme. Savoureux toujours. Observateur étonnant, sachant tout du ciel et de la terre, et embarqué pour les dix ans du siège de Troie. Quelquefois amer et en révolte ; remis en bonne humeur par le saucisson et par le vin... On prend son parti de tout. Serré par l’homme et la chose, l’homme va à son métier, pratiquant des maximes clans le genre de celles-ci : « Ce qui est bon pour les autres est bon pour moi ». « Pourquoi les autres et pas moi ? Je voyais la morale réelle à l’ouvrage parmi ces hommes si bien nommés « les hommes ». Au reste je n’entendis jamais un homme se vanter... Je parle de ce que j’ai vu... » C’est à partir de telles pages sans doute qu’on pourrait composer le portrait de cet humble Européen qui tint bon quatre années dans ces pays muets que remplissaient soudain le feu et le tonnerre. La mort était partout et la peur. Une société d’hommes qui vivait longtemps dans le même effrayant péril ne pouvait plus être qu’une société d’amitié et d’honneur, « une république d’égaux ». Quand Alain, en 1937, publia ses Souvenirs de guerre, il m’en envoya un exemplaire avec cette dédicace : « A la guerre on ne connaît que ses amis, non ses ennemis. » I1 disait que le courage à la guerre était un « courage d’amitié », et, par suite, un courage « sans limites ». Ce courage n’était pas commandé par les malheurs de la Patrie ou le Droit ou la Liberté, etc. Personne, là où on se battait, n’eût osé parler ce langage.

On ne pouvait tricher devant la mort. On savait à quoi s’en tenir sur les raisons qu’on avait d’être là ou plutôt sur l’impossibilité de n’y être pas. Alain ne supportait pas les fanfarons. Un de ses plus jeunes compagnons, et très bien pensant, lui ayant dit une fois qu’il allait demander un poste plus à l’arrière parce qu’il souffrait du cœur : « Il faut, lui répondit froidement Alain, que vous mouriez de cette douleur de cœur. » Il lui semblait être d’une logique à rebours de déclarer, comme le faisaient les Conseils de révision, les hommes d’autant mieux faits pour le service et pour mourir qu’ils étaient en meilleure santé et avaient plus en eux de quoi vivre. Si vous aimez la guerre, faites-la. Sinon, taisez-vous. Les « hommes » étaient tous ensemble, « prisonniers du désespoir ». « Il faut, écrivait-il, sans doute ne plus rien espérer pour être tout à fait brave, et j’ai vu de ces lieutenants et sous-lieutenants d’infanterie qui semblaient avoir mis le point final à leur vie ; leur gaieté me faisait peur. En cela, j’étais de l’arrière. On est toujours à l’arrière de quelqu’un. Quand on pense aux fantassins, on accepte tout. » Et la pensée souvent le traversait comme une flamme, de tant d’élèves qu’il avait parmi ces jeunes sous-lieutenants. Beaucoup d’entre eux étaient déjà morts ou mourraient, et « ils étaient presque tous doux et justes ». En 1916, il en était venu à « préférer la paix la plus boiteuse et la plus précaire à une seule minute de guerre ». Il ne pouvait plus supporter la pensée « d’un seul fantassin tué ».

La « république d’égaux » était entre les hommes d’autant plus admirable qu’elle était affrontée au « système » dont le principe même, tout au contraire, était l’inégalité. Les Souvenirs d’Alain sont faits de toutes menues histoires, d’anecdotes qui illustrent et expliquent ce conflit permanent entre les maîtres et les esclaves. Je doute que les officiers sous lesquels il servit aient pris grand plaisir à les lire. Non qu’il parle d’eux avec acrimonie. (A quelques exceptions près : il ne pouvait supporter les sots ni les fats.) Hommes dans le rang, ils seraient demeurés des hommes. Mais ils avaient la malchance de commander. C’est au système qu’Alain en a, non aux personnes qui n’étaient que ce que le système les contraignait d’être. Le pouvoir corrompt. Mais qu’en dire s’il est absolu, s’il doit l’être ! « Le haut pouvoir gouverne par les capitaines qu’il rend responsables, les capitaines gouvernent par les sous-officiers qu’ils rendent responsables ; le brigadier porte tout, et les hommes, qui le traitent en camarade, ne veulent pas lui donner d’ennui. C’est ainsi que tout finit pas se faire… » et que la « République des égaux », en fin de compte, est soumise au « système ». La hiérarchie des maîtres, d’ailleurs eux-mêmes asservis les uns aux autres, garantit la commune servitude. La mort règle le jeu.

Ces Souvenirs vengent les « hommes » des innombrables petites humiliations que le système leur fit subir. Les dernières pages en sont admirables. Alain raconte comment, dans les années d’après-guerre, il évita plutôt ses anciens « maîtres », qui pourtant eussent bien aimé le retrouver et parler avec lui de la philosophie ou des beaux-arts, et généralement « tous les Importants plus habiles que jamais à lui ouvrir leurs rangs ». Ceux qu’il souhaitait revoir et qu’il cherchait, c’étaient les « hommes », Balard, le camionneur, Meaupou, le maçon... Il avait vu que « l’inégalité propre à la formation de guerre et si énergiquement maintenue était le principe de toutes les autres inégalités et la source mère de l’injustice ». Suivant ces pensées, il en était venu à conclure qu’il fallait « d’abord massacrer tous les lieux communs, et en remontant loin ; car l’ordre ancien, qui est l’ordre militaire, est métaphysique et religieux ». Il lutterait donc contre les « tyrans » et « resterait peuple ». C’était, remarquait-il, une espèce d’axiome, un « lieu commun » précisément, que tout homme cultivé devait être officier. Son instinct, d’abord, puis sa sagesse avait été de refuser de l’être. Et cela pouvait devenir une règle : le refus du pouvoir et de l’importance serait un grand exemple et opérerait la plus profonde des révolutions. « Si tous les hellénistes, écrit-il plaisamment, pensaient comme Bracke, et tous les physiciens comme Einstein ou Langevin, ce serait la plus grande révolution que l’on ait vue. Mais tant qu’un esprit supérieur se ralliera à la politique des lieux communs, toute révolution sera vaine. »

Il y avait en lui un irrespect fondamental et une insolence éclatante. C’est ce qui rendit sa pensée efficace. Quand, avec un groupe d’amis, nous fondâmes en l935 le Comité de Vigilance des intellectuels antifascistes, il fut bien juste de demander à Alain son nom pour que ce fût le Comité Rivet-Alain-Langevin. En 1917, la roue d’un caisson d’artillerie lui passant sur le pied le lui cassa. Désormais il tira la jambe. Jusqu’au dernier jour, il s’en était « tenu à l’obéissance totale dans la révolte d’esprit totale ». Au mois d’octobre, il reprit sa classe au lycée Henri-IV. Son devoir était clair. Il avait, dès 1916, prévenu son ami Elie Halévy : « Je m’appliquerai à faire comprendre par quelles causes extérieures et intérieures des gens qui ne sont ni méchants ni violents en arrivent à s’entretuer. Cela me paraît le travail le plus pressant dès que la paix sera revenue. D’autant que plus j’y réfléchis, plus je me persuade qu’on peut éviter les guerres par de petits moyens appliqués avec suite, comme on évite les querelles de ménage et, en général, toutes les espèces de folies passionnées. Si j’avais été fataliste, j’aurais fait des folies que je n’ai pas faites. Et ces folies, si je les avais faites, auraient été naturelles à moi au sens où cette guerre peut être dite naturelle aux peuples. J’ai tant de fois évité l’inévitable selon les passions que je conçois de grandes espérances pour mes amis les hommes. Est-ce ridicule ? Du reste, quand ce serait ridicule, il faudrait braver le ridicule. »