> Espace Alain > Etudes sur Alain > Paul Mus—Alain, penseur oriental ?

Dans la même rubrique

  • Paul Mus—Alain, penseur oriental ?
    Extrait de Vincent Lemieux : « Un homme et une œuvre : Paul Mus », Cahiers internationaux de sociologie, vol. 60 (janvier-juin 1976)
Quelques extraits d’un article dont on trouvera l’intégralité sur le site des classiques des sciences sociales (http://classiques.uqac.ca/contemporains/lemieux_vincent/homme_et_oeuvre_paul _mus/paul_mus.html).

Né à Bourges, le 1er juin 1902, Paul Mus est mort dans le village provençal de Murs, le 9 août 1969. Ceux qui l’ont connu dans sa jeunesse peuvent témoigner de ce qu’était sa remarquable capacité physique, qu’il rappelait discrètement devant nous au cours d’une leçon au Collège de France. Disciple d’Alain, pour qui « le maître à penser doit suivre le maître à danser » , il savait que la technique de soi doit prendre l’homme dans son corps. Ceux qui ont abandonné le « frère inférieur » n’arrivent qu’à une métaphysique de soi. […] Cet homme engagé tout entier dans son corps avait été formé auprès de maîtres divers, qu’il conciliait tous dans son immense savoir et dans son extraordinaire pénétration intellectuelle. Rentré en France, du Vietnam où son père enseignait, il trouva en Alain un premier maître. Celui-ci avait d’ailleurs contribué avec le père de Mus à la mise sur pied d’universités populaires. On constatera dans la suite de cet article tout ce que Mus tirait d’Alain et comment il voyait en lui un des Occidentaux les plus susceptibles d’être compris en Asie.[…]

« Alain, parce qu’il n’a jamais abandonné le corps, fait un lien entre l’Asie et l’Europe. Il y a chez lui une codépendance et une coactivité du corps et de l’esprit : tout est engagé... »

« L’esprit n’est qu’une exception du corps. Il n’invente pas, disait Alain. Il réfléchit ce que le corps aura découvert dans la danse »

Mus propose, à la suite d’Alain, la réconciliation dans l’homme de ce qui danse et de ce qui pense. Pour penser les hommes et les choses, il faut les danser en nous-mêmes : se donner « une mimique des choses à l’intérieur de nous-mêmes et saisir les êtres comme ils se miment, comme nous pouvons les danser »

« L’homme complet se connaît à son mouvement. Il est derrière la pointe de son crayon, disait Alain. Il y a un événement tout entier d’un homme à la pointe de son crayon... À ce moment on est très près du Karman bouddhique, qu’on pourrait traduire par « acte lié et liant ».

- Retrouver Paul Mus sur Alinalia avec l’étude de Christopher E. Goscha : « Qu’as-tu appris à la guerre ? » Paul Mus en quête de l’humain.