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  • Alain dans ses oeuvres et son journalisme politique
    Actes du colloque organisé à Paris à l’occasion du cinquantenaire de la mort d’Alain les 30 novembre et 1er décembre 2001.


- 1 volume, 324 pp., Paris, Institut Alain, novembre 2004 (commander)

Première journée

Message de Georges Pascal. Ouverture (B. Bourgeois, C. Imbert)

Le Platon d’Alain (M. Dixsaut)
Alain, lecteur d’Eschyle (M. Kamiya)
Alain est un écrivain (F. Foulatier)
Alain vu et commenté par son introducteur à la N.R.F. (M. Drouin)
Lagneau, la guerre et le devoir de résistance(E. Blondel)
La république et la nouvelle démocratie des citoyens (E. Garcia)
Le chroniqueur et le philosophe (J.-L. Poirier)

Seconde journée

Accueil (T. Leterre)
« Indiscrète musique » ? (P. Henriot)
Le philosophe « médecin de l’âme, en quelque sorte » (M. de Courcel)
Hegel ou l’ombre nécessaire (B. Vergely)
Un cœur n’est jamais seul dans l’aventure (G. Kassabgi)
Un entendement radicalement irrespectueux (Y. Dorion)
La fonction de juger (L. Jaume)
Les cahiers dits « de Lorient » (K. Ikada)
Alain, Comte et le pouvoir spirituel (M. Bourdeau)
Alain, Les dieux et l’idéalisme français (A. Michel)
Entretiens au bord de la mer (B. Saint-Sernin)

Sillages

Vue rétrospective (R. Bourgne). Dialogues avec Monique Dixsaut,
Emmanuel Blondel, Mikio Kamiya, Jean-Louis Poirier, Eloy Garcia,
George Kassabgi, Lucien Jaume, Michel Bourdeau.

Lire Alain deux fois… au moins (F. Foulatier)

L’homme qui se trompe n’est pas inerte ; il ose, il se risque, et c’est en cela qu’il se trompe. Et c’est une fonction dangereuse que de juger, comme les sceptiques l’ont assez dit. Mais ce sont les audacieux qui connaissent ; et l’esprit veut tout le courage possible. Je n’entends pas le courage qui brave le tyran ou qui brave l’inquisition. J’entends le courage qui ne se laisse pas écraser par ce grand univers ni par la multitude descoutumes probables, et qui cherche à percer tous ces nuages comme fait la lumière ; et de soi seul, de ce qu’on nomme la force d’esprit, celle qui veille sous la lampe, et fait, comme dit Hegel, de la nuit le jour. Toutefois cette métaphore est mise en morceaux par la malice des hommes,qui ne cesse d’exercer l’esprit contre l’esprit, à ce point que l’on nomme esprit ce qui brise le courage d’esprit.

L’ironie est ce point étrange d’où l’on découvre que tout esprit est vain. Or, environné toujours d’ironie, et n’ayant trouvé, parmi les esprits ambitieux, que des railleurs attendant que je perdisse courage, je n’ai jamais manqué de reprendre souffle à leur contact, et d’exprimer d’abord un courage d’esprit tout nu. C’est ce qui fait que l’homme le plus savant et le plus important, dès que je l’ai surpris à m’ôter courage, s’est trouvé aussitôt effacé de mes pensées. Je ne reviens jamais sur ce jugement-là. Tel est le fond véritable d’un optimisme redouté. J’ai voulu exposer d’abord cette sorte de résolution, qui fut initiale. Lagneau, maître incomparable de courage, ne fit que donner un nom à ce que je sentais. Et en Descartes, le maître des maîtres, je reconnus simplement l’homme.

Alain, Histoire de mes pensées