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  • Eric Oudin
    Bulletin de l’Association des Amis d’Alain n° 99, juin 2005
Une étude d’Eric Oudin publiée dans le Bulletin de l’Association des Amis d’Alain qui reprend la conférence donnée lors de la Journée Alain au Lycée Alain - Le Vésinet, le 4 avril 2002.

Il ne suffit pas d’exiger le respect pour les croyances, encore faut-il tracer les limites à partir desquelles le libre examen devient critique irrespectueuse. Rien ne paraît plus délicat. Un professeur qui cite Nietzsche (« Définition du christianisme : tout ce qui pend au bout d’une croix est béni » ou encore « le christianisme est une métaphysique de bourreau ») est-il irrespectueux ? Faudra-t-il proscrire l’étude de l’Antéchrist dans les classes terminales ou celle de l’Éthique sous prétexte que Spinoza traite d’insensés ceux qui, comme Albert Burgh, s’imaginent « avaler et avoir dans les entrailles l’être souverain pet éternel » ? On voit bien ce qui est en jeu derrière cette injonction à respecter la « religion » des uns et des autres et s’interdire tout propos susceptible de heurter les convictions de tel ou tel... Rien moins que la possibilité du libre examen des croyances. Il s’agit d’un problème politique au sens propre du terme : la question est en effet de savoir si des principes politiques de liberté doivent ou non trouver dans le respect dû aux croyances leurs limites nécessaires.

Le propos d’Alain a l’immense mérite de trancher ces difficultés d’une manière radicale (radicalement engagée), comme on tranche un nœud gordien : elle affirme tout simplement que les croyances ne sont jamais respectables et que les personnes seules le sont.

Eric Oudin

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